L'écrivain voyageur sera l 'invité des Rencontres Littéraires d'Autrans, proposées par MARIE HELENE FRAISSE, le samedi 8 décembre 2012.
Enraciné dans les hauteurs, face à l'horizon marin de Trieste, carrefour des mondes slaves, latins, germaniques,
Paolo Rumiz construit une oeuvre singulière de témoin engagé, d'écrivain-voyageur, doublé d'un conteur poète.
Trieste, où il est né en 1947, demeure pour lui le point d'ancrage, le camp de base d'un demi-siècle de départs et d'aventures, toutes directions confondues: vers la Bosnie en guerre (il y fut grand reporter pendant les terribles années 1990), vers l'Afrique profonde, vers l'Asie Centrale, vers le coeur de la Mitteleuropa, dont il parle à peu près toutes les langues.
Désir de voir, de rencontrer, de toucher, qu'il qualifie d' instinct migratoire. Besoin d' aller, de revenir. Besoin de nouer des liens, de les distendre. Plaisir de raconter. C'est aussi à Trieste, sa "ville de mer et de formidables calanques comme Marseille, et comme Marseille terre de marins et de grimpeurs",qu'il a toujours préparé son sac de montagne à la veille de multiples incursions en altitude, notamment dans les Dolomites, toutes proches.
Le modèle de son adolescence est un acrobate triestin de l'escalade, Emilio Comici(1901-1940), connu notamment pour une première en solitaire à la Cima Grande di Lavaredo, surplombs Nord...
A 15 ans, choc décisif: sa rencontre avec Walter Bonatti, un soir, au refuge du Couvercle dans le massif du Mont Blanc. Enflammé par le désir d'imiter son héros, il fugue avec un copain pour faire l'Aiguille du Midi. Son père le retrouve à Chamonix, prend acte de sa passion et lui offre une course en compagnie d'un grand guide français nommé: Gaston Rébuffat! Avec lui le jeune Paolo connaît l'initiation décisive: l'Aiguille du Grépon, par la voie Mummery. Rébuffat, lui aussi montagnard de la mer, lui donne son beau livre “Etoiles et tempêtes” avec dédicace. Suivant ce modèle il commence à écrire des histoires de voyages et de montagne, ouvre des voies extrêmes (Face Est de la Pala di San Martino, Face Nord du Spiz d'Agner Sud, avec Enzo Cozzolino).
D'un autre marseillais, Georges Livanos, il apprend la technique du bivouac confortable: départ l'après-midi, début d'escalade, nuit bien organisée avec un vrai repas, et montée au sommet le lendemain, avec l'atout d'une demi journée supplémentaire...
A la naissance de son premier fils, Paolo abandonne l'escalade au profit du ski, de la voile, du vélo.
Sa carrière de journaliste grand reporter le conduit des Balkans à l'Atlas, de la Turquie à l'Hindou-Kouch, via l'Europe Centrale et Orientale. Il devient correspondant de guerre, puis spécialiste des territoires marginaux, des provinces oubliées d'Italie et d'ailleurs, et finalement écrivain-voyageur. Sa culture nomade est francophone: Samivel, Ramuz, Bouvier. En 2001, avec le dessinateur Francesco Altan il raconte dans le quotidien La Repubblica son voyage à vélo de l'Italie au Bosphore.Depuis, il publie chaque été dans ce même journal un feuilleton de voyage d'une durée d'un mois.
En 2003 il a retrouvé Walter Bonatti, son grand modèle, échange avec lui récits et mémoires, partage une commune indignation face à un alpinisme trop commercial, trop peu engagé dans la défense de l'environnement.
Deux de ses récits de voyage traduits de l'Italien par Béatrice Vierne, ont été publiés en France: Aux frontières de l'Europe, parcours de 6000 km, de la Laponie à Istamboul, loin des sentiers du journalisme convenu.
Au plus près d'une ligne imaginaire qui constitue selon lui l'épine dorsale de la vieille Europe, et de sa problématique "identité"....(éd.Hoebeke 2011, puis Folio 2012) L'ombre d'Hannibal nous entraîne sur les traces du fameux et mystérieux général carthaginois. Prétexte à une réflexion sur la Méditerranée des deux rives et à une mémorable traversée des Alpes. ( éd. Hoëbeke 2012, prix des Lecteurs de l'Express)
Parmi ses nombreuses oeuvres publiées en Italie, et souvent primées, signalons: La leggenda dei monti naviganti qui relate deux voyages effectués en 2003 et 2006 à travers les Alpes et les Apennins
Ces dernières années il a exploré le rapport entre le rythme du chemin et celui de l'écrire, publiant notamment - et disant sur scène à travers toute l'Italie - une ballade amoureuse en vers et en musique:La Cotogna di Istanbul.
Rencontre avec Paolo Rumiz - Ecrivain voyageur - Voyageurs du Monde
Sylvain Tesson voyage pour "faire voir du pays à son ennui", Paolo Rumiz pour apaiser une "furieuse envie de partir".
J-L. Bertini pour L'Express
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